Le
domaine de Belle-Isle |
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Au XVIIéme siècle, le
domaine n'est pas encore une île. Différents
propriétaires se partagent alors cette terre, divisée
en plusieurs parcelles. Jean Bandinel, Sieur de Figueret possède
la partie la plus vaste de ce que l'on nommera plus tard Belle-Isle.
A la suite de la percée du Canal du Midi
en 1676, puis du canalet, ce terrain prend un caractère
insulaire et devient le domaine de Belle-Isle.
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Au XVIIIéme, les Bandinel
restent les propriétaires principaux du domaine qui
semble être une exploitation agricole assez conséquente
avec plusieurs corps de bâtiment. C'est après
la Révolution que la famille Bandinel, devenue Bandinelli,
vend le domaine. En 1830, Belle-Isle devient la propriété
d'Antoine Bastide, l'oncle de Saint-Etienne Laurens.
Antoine Bastide développe l'exploitation et fait construire
de nouveaux bâtiments : une maison pour le régisseur,
une remise, des écuries ainsi qu'un pavillon, qui agrandit
la maison d'habitation. Au décès d'Antoine Bastide,
en 1879, son neveu Saint-Etienne Laurens hérite
du domaine. Belle-Isle entre ainsi dans le patrimoine de la
famille Laurens.
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J.Chauvet - L'Isle et la rizerie - 1890
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Le
Château Laurens |
Le
Pavillon avant 1898. |
Saint Etienne Laurens mène
de front son activité de directeur de l'Usine à
gaz et l'exploitation du domaine qu'il fait prospérer.
Lorsque son fils, Emmanuel Laurens,
hérite de Belle-Isle en 1897, il prend possession d'un
domaine florissant, doté d'une maison d'habitation
assez cossue. En effet, quelques années avant son décès,
Saint-Etienne a réaménagé la bâtisse
dans un goût fin de siècle, notamment le pavillon
et les façades avec l'ajout de nombreux balustres,
ainsi que de céramiques polychromes. Cependant, Emmanuel
a d'autres rêves pour Belle-Isle : il souhaite construire
une demeure qui serait sa résidence principale, dans
un style plus personnel et plus moderne. La maison d'habitation
existante va être entièrement remaniée,
et même adjointe de nouveaux corps de bâtiments.
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Aucun nom d'architecte n'a été
retrouvé pour ce projet de réaménagement.
Il semble donc qu'Emmanuel a lui-même conçu les
plans de sa villa, vraisemblablement aidé d'un bon
entrepreneur. Il faut préciser que Saint Etienne Laurens
et son frère Charles étaient tout deux ingénieurs
diplômés de l'Ecole Centrale. De plus, Charles
Laurens, l'oncle d'Emmanuel a été l'architecte
de la ville durant douze années, et sa bibliothèque
contenait de très nombreux ouvrages d'architecture.
Emmanuel a, par conséquent, baigné dans un environnement
familial très formateur, qui l'a probablement préparé
à ce genre d'expérience. Les travaux entrepris
dès 1898 débutent semble t-il
par la partie latérale du château jusqu'alors
appelée " pavillon ", que nous nommerons
" petits appartements ". Emmanuel n'en modifie
pas l'aspect extérieur, conserve les façades
mais réaménage entièrement cet ancien
pavillon. De nouveaux décors y sont ajoutés,
tels que des vitraux, des tentures ou encore
une luxueuse salle de bain.
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De façon presque concomitante,
le corps principal du château est aménagé
à partir du bâtiment d'habitation préexistant.
Reprenant un certain nombre de murs et d'élévations,
l'aspect général de la bâtisse est radicalement
transformé.
Les travaux s'étalent sur trois années
et s'achèvent en 1901 avec la réalisation
par Eugène Dufour de
la plupart des travaux de décoration. Cependant,
les décors de certaines pièces seront effectués
bien plus tardivement. En effet, Eugène Dufour est
rappelé vers 1928 par Emmanuel Laurens afin de réaliser
des peintures murales et des panneaux décoratifs
dans le fumoir ainsi que dans le salon de musique. Cette dernière
intervention sur le décor peut s'expliquer par une
évolution du goût du propriétaire ou tout
simplement par l'absence d'un décor d'origine satisfaisant.
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Le Château vers 1908
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Sans descendance et tourmenté
par des revers de fortune, Emmanuel Laurens vend le domaine
et le château en viager en 1938 à une famille
montpelliéraine qui n'en prendra pleinement possession
qu'en 1959 au décès d'Emmanuel. Malmené
pendant la guerre par les allemands qui occupent les lieux,
peu entretenu par les nouveaux propriétaires, le château
se dégrade. En 1994, la mairie d'Agde fait l'acquisition
de Belle-Isle et du château qui, livré aux
intempéries, a subi de grosses détériorations.
Des mesures d'urgence s'imposent : le château et une
partie du parc sont classés en 1996 et des travaux
conservatoires sont réalisés dès 1997.
Depuis, le château est en attente d'une véritable
restauration qui saura lui redonner un peu de sa superbe.
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