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Alexandre CHARPENTIER - (Paris 1856 - Neuilly 1909)

Fils d'ouvrier, Alexandre Charpentier entre très jeune comme apprenti chez un graveur de bijoux. Cependant, la vocation n'est pas au rendez-vous. Aussi, afin de satisfaire son goût pour l'art, Alexandre Charpentier abandonne le métier et le domicile paternel. Il se trouve à 15 ans sans ressources, condamné à faire de petits travaux de modelage chez des ornemanistes et pour des réclames sculptées. Souhaitant se former, il renonce à intégrer l'atelier de sculpture de l'Ecole des Beaux arts pour lequel les frais d'inscription sont trop onéreux, mais entre à l'atelier de gravure en médailles, qui par chance propose un enseignement très supérieur, dispensé par H. Ponscarme (1827-1903).

Peu assidu à cause des travaux qu'il est obligé d'accepter pour subsister, Alexandre Charpentier se familiarise avec la sculpture et le bas-relief, auquel il s'essaye en 1879 : exposé au Salon des Artistes Français, "le Tireur d'arc" est acheté par Alexandre Dumas. Le bas-relief présenté en 1883, reçoit une mention honorable de la part du jury. De telles réalisations restent espacées, car il s'agit d'un travail long et coûteux qui contraint l'artiste à plusieurs années de sacrifice. Aussi faut-il attendre 1889 pour revoir un nouveau bas-relief monumental, "Les boulangers", qui ne fait pas l'unanimité, mais reçoit les éloges de Rodin.




Détail du panneau en faïence
de la Salle de Bain
Château Laurens



Détail du panneau en faïence
de la Salle de Bain
Château Laurens

Après deux autres bas-relief en 1891 et 92, Alexandre Charpentier consacre son activité à d'autres recherches : ce qu'il avait conçu grand, il le réalise petit, sur des plaquettes ou des objets divers. Il modèle notamment de nombreux médaillons inspirés par diverses personnalités. Séduit depuis toujours par le décoratif, il oriente ses réalisations vers des objets usuels et mobiliers, exécutés en céramique, en étain, ou en bois, qu'il veut de forme agréable tout en étant fonctionnels.
En 1896, le groupe parisien des cinq se crée : Alexandre Charpentier, rejoint par le peintre Félix Aubert, les sculpteurs Jean Dampt et Henri Nocq, et l'architecte Charles Plumet, expose rue Caumartin des " objets destinés à servir, des objets usuels, d'utilité courante qui soient des œuvres d'art ". Cette réhabilitation des arts domestiques fait des émules : accueillant de nouveaux membres (les architectes Tony Selmersheim et Henri Sauvage, le sculpteur Desbois et le céramiste Etienne Moreau-Nelaton), cette association se transforme en groupe des six, puis dès 1897, en L'art dans tout.
C'est en 1898, qu'Alexandre Charpentier et Félix Aubert présentent rue Caumartin ainsi qu'au Salon de la Société Nationale, un panneau décoratif de salle de bain en faïence de Sarreguemines, au décor de naïades et d'arums.


Emmanuel Laurens fait alors l'acquisition de ce panneau pour orner une niche de sa salle de bain. Les baigneuses en ronde-bosse illustrent merveilleusement le talent de Charpentier qui prodigue son art à tout ce qui est susceptible de relief, quelque soit le matériau utilisé.
La réussite de l'artiste est fulgurante : il ouvre plusieurs ateliers d'ébénisterie, conçoit de nombreux ensembles de mobilier, obtient le grand prix à l'Exposition Universelle de 1900 et participe à plusieurs projets de décorations exemplaires : pour la Villa Majorelle à Nancy, pour le Baron Vitta ainsi qu'une salle à manger pour les Bénard à Champrosay, actuellement conservée au Musée d'Orsay.
Artiste complet, sculpteur talentueux aux diverses facettes, Alexandre Charpentier doit sans conteste être considéré comme un rénovateur des arts décoratifs, un des maîtres français de l'Art nouveau.


 
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