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Soumis à l'action des éléments et avec un entretien minimum, le jardin d'Emmanuel Laurens a perdu au cours du siècle sa véritable identité. Cet espace paysager semble d'ailleurs éprouver quelques difficultés dès la fin de la première guerre mondiale où une photographie présente un jardin à la palette végétale confuse. Pourtant dès la conception de l'ensemble architectural, le soin apporté à l'aménagement du jardin présage de l'importance de celui-ci dans la cohésion du nouveau programme voulu par Emmanuel. Il s'agissait pour son concepteur de créer un écrin de verdure en accord avec le renouvellement de l'art paysager de son époque. Centré autour d'un magnolia, le jardin était composé de pelouses découpées de corbeilles de fleurs et de plates bandes qui ponctuaient, de façon régulière, l'espace libre laissé entre des petits palmiers devenus aujourd'hui centenaires.


Le Château vers 1908


Le petit pavillon dit "mauresque" 1903

A cette régularité répondaient les formes des massifs d'arbustes et des bosquets et celle, elliptique, de la pièce d'eau. Près de cette dernière, un socle supportait une pierre taillée en forme d'obélisque, aujourd'hui tronqué dans la partie supérieure, et présentant, de ce que l'on croit en reconnaître, les vestiges d'une installation électrique. Plus loin, les anciens documents nous présentent un petit pavillon dit "mauresque" par le caractère de ses ouvertures outrepassées. Il avait été érigé à l'extrémité ouest, près des deux socles de marbre de la fin du XVIIIe siècle marquant la jonction de l'Hérault, du canalet et du Canal du Midi.


A ce stade de lecture, et avec les quelques éléments encore présents, seule une série de questions peuvent tenter de retrouver le sens de ce jardin. Car, si nous sommes surpris de son caractère simplifié d'aujourd'hui, l'on a du mal à croire qu'il n'ait pas été l'extériorisation du monde intérieur de son concepteur, sorte de miroir et de double, à l'égal du décor intérieur du château. Que connaissons nous du choix et du traitement du chromatisme du jardin lorsqu'on songe à l'importance de la couleur dans les grandes tiges florales de la façade ? Et de façon plus générale, les références végétales ne sont-elles pas trop fréquemment employées dans le la pensée décoratives du château pour que le jardin ne soit pas le fruit d'une réflexion et l'expression d'une véritable intelligence ?

Dans le même élan, les eaux dormantes du bassin, et celle des eaux vives de l'Hérault sont trop présentes dans le jardin sans que le rapprochement avec les eaux feintes de la Verrière à la Sirène soit le fruit d'une simple coïncidence. Une fois encore, nous pouvons gager que derrière l'apparente confusion d'aujourd'hui, se dessine la volonté d'Emmanuel Laurens de créer un jardin selon un programme cohérent et en accord avec l'ornementation intérieure du château.



La centrale hydro-électrique

Au delà de la rêverie florale et aquatique du Château Laurens, les jardins, en général, ont souvent été réduits aux notions prestigieuses de buis taillés ou des gazons bien entretenus sans reconnaître leur part d'intelligence. Pourtant, de plus en plus, l'on s'accorde à voir dans ces jardins des espaces ayant été souvent à la pointe de la technologie de leur temps, notamment avec la science de l'hydraulique, le génie des sols et le terrassement. Fils d'ingénieur, neveu d'architecte et féru de physique, Emmanuel Laurens a certainement pris en compte le rôle primordial des techniques et des savoirs faire. En témoigne, la centrale hydro-électrique placée dans une serre au sud du jardin qui alimentait en électricité l'ensemble du château.


Dans quelle mesure ces techniques n'ont pas sous tendu la création du jardin qui, placé sur le bords de l'Hérault, était amené à recevoir de façon régulière les eaux débordantes du fleuve ? Et comment le jardin, tributaire de sa situation géographique, n'a pas été aménagé en fonction de la menace permanente des eaux ? C'est en croisant ce type d'interrogations, relevant de la science récente de l'archéologie des jardins, avec celles liées à l'imaginaire que l'on pourra tenter de retrouver le sens initial du jardin d'Emmanuel Laurens.


 
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